Ils montent la rue au rythme des tambours. La ville entière bat soudain au même tempo qu’eux. Le soleil éclaire leurs vestes sombres, les casquettes noires, les baguettes levées dans l’air clair du printemps. Entre les façades anciennes, les percussions résonnent contre les pierres et remontent la pente en vagues régulières.
Certains visages portent encore quelque chose de l’enfance. Pourtant, dans leur manière d’avancer ensemble, dans l’attention portée au rythme collectif, apparaît déjà une forme de mémoire commune.
La musique organise les corps, relie les générations, transforme une rue ordinaire en une énergie particulière. C’est la répétition générale d’un événement qui monopolise le patriotisme de ceux qui regardent.