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Le petit chat de métal demeure immobile derrière ses barreaux, posé sur un livre qu’il ne pourra jamais lire entièrement.

Tout semble figé dans une attente silencieuse : la patte suspendue, la tête inclinée, les lignes verticales de la cage qui découpent l’espace comme les portées d’une partition muette.

On dirait qu’il écoute.

Non pas les bruits de la pièce, ni les pas lointains des visiteurs qui passent sans vraiment le regarder, mais quelque chose de plus ancien, enfoui sous la poussière du livre et dans le métal refroidi de son propre corps. Une voix lente, presque effacée, qui continuerait à murmurer à travers les années.

Le livre sous lui est entrouvert comme une promesse interrompue. Les pages se sont légèrement courbées avec le temps. Peut-être racontaient-elles une histoire que personne n’a terminée. Peut-être contenaient-elles seulement des mots oubliés depuis si longtemps qu’ils ont fini par se détacher du langage humain.

Le chat veille.

Il ne dort jamais vraiment. La lumière glisse sur ses oreilles, sur son dos sombre, sur les barreaux qui projettent leur ombre jusque sur les pages. À certaines heures du soir, lorsque le silence devient plus dense, on pourrait croire qu’il va bouger. Que sa patte va enfin toucher le livre. Que quelque chose va s’ouvrir…

Il existe des attentes si longues qu’elles finissent par transformer les choses elles-mêmes.

C’était ce soir, la soirée Karaoké !

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