La maison jaune veille, immobile,
comme un souvenir qui aurait choisi de rester.
Ses fenêtres regardent le ciel lent,
ses cheminées parlent encore aux nuages.
Devant elle, les cerisiers en fleurs
allument le printemps de leurs bras roses.
Chaque pétale semble une parole légère,
un secret confié au vent avant de disparaître.
Le bleu perce entre les nuages,
comme une promesse discrète.
La lumière hésite, puis revient,
caressant les façades et l’herbe encore fraîche.
Ici, le temps ne court pas.
Il s’assoit un instant sur un banc invisible,
écoute les arbres respirer
et les maisons raconter leur histoire.
Les fleurs tomberont bientôt,
comme tombent les jours heureux :
sans bruit, sans regret,
en laissant derrière elles une douceur persistante.
Et celui qui passe devant ce paysage
emporte avec lui quelque chose d’indéfinissable :
un peu de ciel, un peu de printemps,
et la certitude fugace que la beauté existe
dans les choses qui ne durent pas.